La plénitude du Clown

clown et plénitude

Le clown, notre meilleur compagnon de route

Imaginez qu’avant de s’incarner, votre âme légère et libre, se baladait, au milieu d’une multitude d’autres corps éthériques.
Elle voyageait, allègrement, dans un espace temps, parallèle au notre, invisible aux yeux de la plupart de ceux peuplant notre monde.

Lorsque l’âme s’incarne, telle une fusée traversant la stratosphère avec fracas, elle finit sa course fusionnant avec le corps naissant. Elle donne alors vie aux organes, se propage dans les veines, et le coeur se met à battre doucement. En d’autres termes, elle rejoint notre monde..

…Oui, celui que vous et moi partageons…pour un temps.

DePetit Clownpuis, nous avons grandi et, petit à petit, nous avons oublié cette autre demeure, par laquelle nous sommes pourtant maintes et maintes fois passés. Cet autre monde où, bien sûr, la notion d’égo nous était complètement inconnue puisque nous n’avions ni corps pour la soutenir, ni alter ego auquel la comparer, ni mortalité comme épée de Damoclès trônant, victorieuse, au dessus de notre tête…

Pourtant, cette âme, cette partie de nous, est toujours présente et nous accompagne tout au long de notre vie, sans que nous en ayons forcément conscience… Notre ego s’étant déployé, pour trouver SA place en notre monde, a oublié son origine, sa source, pour s’emplir des joies et tracas oniriques de l’existence.

L’ “état” clown pourrait ainsi se définir comme notre connexion à cette petite parcelle infinie de nous-même, celle qui est suffisamment curieuse du fonctionnement de l’ego pour pouvoir le regarder pour ce qu’il est, en accueillant l’éphémérité, conjuguée à la non moins réalité de son existence et de ce que le “Je” ressent – il ne faudrait pas non plus le vexer -. Le clown n’est donc non pas vraiment une personne mais plutôt un état, un passage, un pont entre deux mondes qui nous habitent conjointement. Cultiver son état clown permet de pouvoir passer librement d’une rive à l’autre de notre Être et s’approcher ainsi au plus près de cette rivière que sont nos émotions tout en ayant suffisamment de hauteur pour ne pas risquer de s’y noyer.

Peut-être avez déjà eu ce sentiment d’avoir plusieurs personnalités colocationnant à l’intérieur de vous ? Certaines plus introverties et méfiantes face à l’inconnu, d’autres cherchant le contact avec l’autre ou rêvant de découvrir le vaste monde… Vous diriez de certaines qu’elles vous portent, vous soutiennent dans les moments difficiles et que d’autres, au contraire vous freinent, vous limitent, vous empêchent d’agir comme vous le voudriez (le « vous » à cet endroit, étant une autre partie indignée !)… Peut être que ces parties pourraient vous conseiller de dire ceci ou de ne pas faire cela, car vous seriez ridicule, parce que cela ne se “fait pas”…
Pourtant, toutes ces parties ont quelque chose en commun, elles travaillent en étroite collaboration avec le grand patron, El Padre de l’esprit : notre mental. Elles vont aller nourrir leur discours dans vos vieux grimoires mentaux, ceux dans lesquels le Mental a enregistré toutes les expériences passées afin d’anticiper les actions futures. Toutes ces parties prennent donc leur rôle très au sérieux… Il peut même arriver que toutes ces parties du monde interne, prenant chacune très à coeur leurs causes propres et ne réussissant pas à se mettre d’accord sur la façon d’agir, finissent par se déclarer la guerre ! La guerre interne, on n’en parle pas assez mais c’est terrible !

état clownGénéralement, “on” ne va pas très bien dans ces moments… (… « on » pour ne pas devoir se confronter directement à notre état de schizophrénie généralisé !). Notre clown est donc une de ces parties, mais légèrement décalée par rapport aux autres : il vit ici et maintenant et n’est pas très adepte des lectures de vieux grimoires formant l’ histoire que l’on se raconte. La particularité de notre clown est qu’il ne se regarde pas, il Est. Dans le scénario de notre guerre interne, le clown pourrait être ce petit personnage observant ébahi le no-mans-land-post-apocalyptique de notre esprit en s’entrainant à jouer l’action de mourir de la façon la plus théâtrale et romanesque possible, désireux de lui aussi d’avoir un rôle important dans l’histoire, sans jamais avoir été touché par une quelconque balle perdue.

Simple, entier, perméable à tout ce qui le traverse, il incarne notre étincelle de vie fondamentale. Ce qui l’intéresse, c’est ce qui se passe ici et maintenant à l’intérieur de lui et autour de lui. Il ne se cache pas, il ne cache pas ce qu’il est ni ce qu’il ressent car paradoxalement il ne joue pas de rôle.

Cet état est le siège de notre existence, celui par lequel nous créons, celui par lequel nous vibrons, par lequel nous aimons fondamentalement, celui qui nous connecte à la Grande Histoire..

Très bien me direz-vous ! Mais alors pourquoi les clowns, nos clowns, n’ont pas tous déjà pris le pouvoir de nos Esprits ?
Et bien tout simplement parce que ce qui est vrai dehors, est aussi vrai dedans. Sans vouloir entrer dans la politique (même si mon clown aurait fort à dire sur nombre de questions géopolitiques), on peut tous se retrouver sur le fait que nous vivons une époque assez folle où le bon sens ne semble pas être une priorité : pauvreté, famine, guerre, corruption, évasion fiscale, massacre écologique, réchauffement climatique, maltraitance humaine, animale, végétale, dictatures (bon je m’arrête…)..

Si, par exemple, les dictatures sont une réalité politique dans de nombreux pays, je suis au regret de vous dire qu’elles sont aussi une réalité dans nombre de nos esprits : en effet, le gouverneur, le dictateur de l’esprit est bien souvent notre Mental. Difficile pour autant de le recaler à la dénomination simpliste du “grand méchant”. Il faut lui reconnaître des compétences techniques très utiles au quotidien. Si le ciel commence à s’assombrir dehors, c’est lui qui vous rappellera de rentrer le linge avant le déluge. Si le frigo est vide, il vous rappellera que c’est le moment d’aller faire les courses parce que demain ce sera dimanche et que tout sera fermé. Ou encore, c’est lui qui vous rappellera que c’est le jour pour sortir les poubelles et que déjà la semaine dernière vous vous êtes contenté de balayer cette information (ce qui l’a passablement énervé) et là elles commencent à déborder et inonder le garage !

Non, le mental n’est pas forcément un mauvais gars, mais il a une très vilaine manie : une maniaquerie du contrôle absolu sur toutes nos parties internes. Et alors celle qui lui semble particulièrement IN-GÉ-RABLE c’est bien notre partie clown. Si bien que, pour être sûr que cette dernière ne dérange pas le pouvoir en place, il décide souvent de la cloisonner dans un vieux cachot cérébral. Le Mental tout puissant scande alors haut et fort à toutes les parties qui pourraient éventuellement se ranger du côté de ce pauvre clown, que c’est pour le bon fonctionnement globale de toute la structure cérébrale et que le clown n’est pas un élément constructif mais plutôt un fauteur de trouble.
Ce qui l’effraie en réalité est la possibilité que ce clown, au demeurant fort sympathique, puisse un jour être à l’origine d’un putsch d’état cérébral et prenne les reines de notre esprit.

Que ce passerait il alors ?

Si le clown était votre partie la plus active, chaque fois que vos yeux s’ouvriraient le matin, une nouvelle page vierge apparaitrait dans votre esprit… Fini les petites notes griffonnées en bas pour vous rappeler les tracas de la veille ! Vous seriez comme un nouveau né s’émerveillant de re-découvrir le monde auquel il a dit au revoir la veille.

Chaque fois qu’une émotion vous traverserait, elle pourrait s’exprimer, scander son message et le “pourquoi elle existe”, et laisser la place à une autre, heureuse d’avoir pu dire ce qu’elle avait à dire.. Véritable soulagement pour votre corps qui n’aurait plus à porter les valises encombrées des sans-voix qui vous habitent jusqu’à s’en créer des mal-à-dit.

Votre créativité et votre potentiel seraient démultipliés car il n’y auraient plus, dans votre esprit, de portillons de sécurité digne de l’aéroport de New York après le 11 septembre, pour décortiquer la moindre de vos idées et y trouver la faille l’empêchant de ce fait de prendre son envol..

Quand tu ris, il t’accompagnera aux éclats
Quand tu pleures, il te prendra dans ses bras
Quand tu réfléchis, il est ton petit pois…
Quand tu as un peu peur, lui, hurlera
Quand tu te sens seul, il te parlera
Quand tu te sens apaisé, alors, seulement il se reposera…
Sans le savoir,
Ton ami le clown,
Sans le percevoir,
C’est autour de lui que ta vie tourne…

 

Alors ? Prêt pour le grand voyage ?

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